MUSICOTHERAPIE ET IMPROVISATION

Bienvenue dans cette rubrique élaborée par Unpianiste et destinée à la musicothérapie. La musicothérapie est une branche de l’art-thérapie qui s’intéresse à la musique comme un élément de thérapie. Il ne s’agit pas de guérir à l’aide de la musique mais de se servir de la musique comme d’un soutien à la guérison, tout comme s’éloigner un temps de son cadre de vie habituelle peut aider à la guérison en éliminant les facteurs de stress.

Néanmoins, il ne faut pas non plus la réduire à de simples techniques musicales de relaxation. Son domaine est celui de l’âme et elle fait donc partie de la psychothérapie. Alors, la musique en soutien au rétablissement social, mental ou physique d’une personne, comment ça marche ?

Il n’y a évidemment pas de technique ‘miracle’, sinon ça se saurait ! Mais il existe des méthodes pour contribuer à donner des outils au patient afin de lui apporter, au travers de la musique une aide, un soutien qui l’aideront à traverser les étapes de sa guérison, ou le cas échéant de sa thérapie. Cette rubrique n’a surtout pas un caractère officiel, elle est une mise à disposition. Mon expérience de pianiste m’a amené à remarquer que certains publics étaient sensibles à certains moments et sous certaines conditions. Pas à pas, je vous guiderai dans ma découverte de cette composante psychique permise par l’écoute de la musique.

La musicothérapie est surtout perçue comme l’usage actif d’un instrument par le patient, aussi certaines parties de notre aventure vous feront manipuler le piano tandis que d’autres vous proposeront des textes, réflexions sur le thème qui nous préoccupe le tout sur fond de musique de type “relaxante”.

Le site iso-tones vous propose des musiques à enchaînements de fréquences propices à dégager certaines humeurs ou sentiments. Cela ne marche pas forcément sur tous mais elles ont fait leur preuve.

Je vous souhaite la bienvenue sur ce parcours de réflexion sur le rôle et les possibilités de la musique dans le domaine de la thérapie. Vous trouverez des courtes pensées accompagnées de musiques originales jouées par Unpianiste (musicothérapie dite “passive”) dans une perspective qu’on pourrait qualifier d’analytique ou bien des vidéos-tutoriels vous enseignant des techniques propices à la pratique active de la musicothérapie.

Musicothérapie Passive

Nous vous proposons d’écouter cette petite musique afin d’accompagner votre lecture :

ÉCOUTE ET PARTICIPATION

 

Pour cette première ‘séance’, je vous propose un peu de lecture et d’écoute afin de comprendre quelques enjeux de la pratique de la musicothérapie.

En première observation, il convient de partir des phénomènes de réaction à l’écoute de la musique : rires, larmes, transe, etc. Et de se demander comment ces réactions aboutissent : sont-elles déclenchées par la musique via les oreilles ? Ou bien y a-t-il participation du sujet écoutant au point de se laisser emporter par des enchaînements de sons qui lui correspondent et qu’il apprécie particulièrement ? Est-ce la musique qui arrive au coeur par les oreilles ou le coeur qui ‘monte’ aux oreilles pour être attentif aux sons qui arrivent ? Ou un peu des deux ?

On ne peut exclure aucune des hypothèses bien que la deuxième ait pu être constatée plus franchement à mon niveau personnel. Mais à bien considérer les auditeurs, certaines marques d’expressions semblent si spontanées qu’on opterait pour la première hypothèse plus volontiers.

On cherchera vraiment parmi les plus belles pièces classiques, celles qui provoquent les plus grands bouleversements. Pourtant, certaines musiques très simples sont elles aussi très efficaces dans la rencontre avec notre âme. Une dernière remarque tiendra dans l’observation que les émotions exprimées seront plus variées avec de la musique ‘live’. Un enregistrement écouté sera beaucoup plus propice à la relaxation car déjà écouté et donc intériorisé, ‘analysé’ en quelque sorte. La surprise permet d’assurer un côté spontané et donc -a priori- plus vrai et légitime. Néanmoins, un enregistrement s’il est écouté une première fois peut avoir le même effet qu’un live sauf qu’on n’a pas la présence du musicien. De plus, générer le souvenir d’un sentiment exprimé au travers d’un enregistrement déjà écouté peut être bénéfique et permettre d’aller ‘plus loin’ dans l’introspection, potentiellement salutaire.

Comme nous l’avons déjà dit en introduction, il n’y a pas de règle générale. Alors, participation de l’auditeur à l’écoute ou simplement réaction spontanée ? Aucune ne me semble exclusivement bonne ni à exclure…

En guise d’accompagnement musical pour votre lecture, Unpianiste vous propose la mélodie suivante :

RÉPÉTITION

Qui n’a jamais eu envie d’écouter à nouveau une musique qui lui a particulièrement plu ? Et ne l’a pas tout simplement mise en boucle ? La répétition engendre des mécanismes et initie des habitudes. La répétition d’un savoir permet d’être prêt à un examen ; la répétition d’un geste ou d’une procédure permet d’être considéré comme un spécialiste et ce, à juste titre ! Avec des musiques que l’on aime bien, la répétition apparaît donc bénéfique : son appropriation par l’itération permet de s’accaparer du bonheur procuré par le morceau. En somme, en répétant la musique, on cherche peut-être à faire durer l’instant de plaisir que l’on a ressenti en le découvrant ou en découvrant ce qui, en lui, nous a procuré un bonheur. Sans faire forcément de la psychologie, voyons d’abord cela comme quelque chose de légitime et de profondément humain.

Regardons maintenant la répétition comme composante de la musique elle-même. On connaît tous des refrains célèbres ! Et si on les connaît et qu’on les chante (parfois sous la douche), c’est parce qu’ils sont répétés plus souvent que le reste de la chanson. Leur répétition garantit une plus grande appropriation. Le message passe mieux dans un refrain que dans un couplet.

Allons maintenant encore plus loin et considérons les notes, les rythmes, qui sont répétés tout au long d’un morceau. Les plus grand compositeurs ont utilisé et utilisent des techniques qui font appel à des répétitions : pour se faire une idée, je vous invite à écouter par exemple les variations Goldberg (interprétées par Glenn Gould avec tant d’inspiration). Que ce soit chez Jean-Sébastien Bach ou Haendel (ou tant d’autres…) la répétition ne fait pas qu’itérer à l’identique mais elle peut procéder par imitation, étendant considérablement le champ des possibles des répétitions (thème inversés, longueur des notes modifiées, etc.).

Dans la musique, la répétition a évidemment une place plus que primordiale. elle n’est pas un accident, la plupart du temps, elle est voulue. Dans la musique proposée en haut de cette page, vous noterez certainement que la main gauche ne fait que répéter la même chose du début à la fin (quasiment).

J’en termine pour aujourd’hui avec la répétition (mais j’y reviendrai). Et vous, quels morceaux écoutez-vous en boucle ?

En guise d’accompagnement musical pour votre lecture, Unpianiste vous propose la mélodie suivante :

EXPRESSION

Si l’écoute et la participation sont importantes en musicothérapie, l’expression n’en est pas moins essentielle.

“La musique est le langage de l’âme” peut-on entendre ou lire souvent pour décrire ou juste tenter de décrire ce que représente la musique pour une partie des gens ! Le défi pour éclaircir cette affirmation est de définir ce qu’on entend par “âme” !

Et l’âme est pour le moins… complexe ! Le siège des sentiments ? Seulement ? Le centre du libre-arbitre ? L’origine de la conscience et du sens moral ? La même chose que l’esprit ? Quoiqu’il en soit, connotée religieusement ou non, l’existence de l’âme est reconnue par un grand nombre de personnes. Et si son existence est ainsi déclarée, ce n’est pas seulement issu de la culture (notamment religieuse), mais bien parce qu’on peut dire d’une personne qu’elle a une “grandeur d’âme”. C’est donc quelque chose qu’on a tendance à mesurer, et donc qu’on peut ressentir.

Et comment la ressentir si ce n’est en étant attentif à ce qu’elle exprime ? La musique n’est évidemment pas LE langage de l’âme, mais UN langage de l’âme ! Et ce, parce qu’elle permet d’exprimer ce qu’il y a au plus profond de nous. C’est un lieu de création, où se nouent certainement les plus grands drames de notre vie. Car la vie est avant tout intérieure ! Son aspect social vient ensuite. Je ne prendrai pour preuve que l’exemple de certains comateux qui ressentent tout ce qui se passe autour d’eux et ne peuvent l’exprimer aux autres !

L’expression engendre donc un rapport avec l’Autre, rapport qui n’est pas forcément demande de reconnaissance ou -plus directement- conflit. Ce rapport est au moins aussi complexe que l’âme puisqu’il est initié par elle. Pour revenir à l’idée de création, l’âme est capable de structurer des éléments a priori aléatoires pour en faire un ensemble cohérent et ainsi devenir exprimable !

Voilà, je pense, comment la musique agit : comme une construction de ce qu’il y a à l’intérieur. L’audio suggéré au début de cette page est la toute première ébauche enregistrée de l’hymne présent dans mon premier album : Hopening. Bien que morceau non finalisé, il a déjà un sens (au moins pour moi) et paraît cohérent. Ce n’est pas de l’improvisation pure mais on ne peut pas non plus parler de composition comme on peut l’entendre dans l’album.

L’objet de l’étude d’une telle musique serait mon âme… mais je suis bien incapable de dire quoique ce soit sur ce qu’il s’y passe juste en écoutant ce que je compose ! C’est une partie de moi que j’ai acceptée et que je me laisse exprimer car je sens que je me développe au travers d’elle. Ce n’est qu’a posteriori que je peux, en réécoutant, en déduire éventuellement des manifestations récurrentes et tenter un parallèle avec mes pensées et actions.

Le lien avec la musicothérapie est ténu : l’expression via la musique permet de s’accepter soi-même sans pour autant se comprendre totalement. L’appréhension de notre personnalité peut se faire en partie intellectuellement (d’ailleurs, il me semble qu’à ce niveau, une personne autre que nous peut nous y aider) mais elle doit passer par l’expression pour être réalisée. Le lâcher-prise sur la connaissance de ce qui est le plus intime de nous-mêmes en même temps que le plus inaccessible me paraît important (pas forcément obligatoire) pour aller de l’avant et découvrir ce que nous sommes capables d’être et de faire…

Musicothérapie Active

IMPROVISATION ET ACCORDS OUVERTS

 

Nous aurons besoin d’une base simple, si nous voulons que ce premier volet soit accessible et profitable au plus grand nombre. Alors, comme rien ne vaut une vidéo pour découvrir des techniques au piano, je vous invite à regarder et à essayer par vous-mêmes ensuite ! Le fait que cette vidéo mentionne l’improvisation n’est pas anodin : en effet, le parcours spontané d’un joueur révèle sa propre sonorité, sans toutefois révéler le personnage lui-même. Mais c’est un début, et en plus, cela permet de se faire plaisir en jouant simplement. Alors, vous avez tout à gagner à essayer ce qui est présenté ici :

Qu’est-ce que cela vient faire dans un parcours de musicothérapie ?

A tous les joueurs de piano déjà expérimentés, on leur proposera de s’exprimer en jouant des grands morceaux de grands compositeurs. Mais à tous les débutants ? On leur proposera des techniques “découvertes” qui peuvent vite se révéler lassantes et naïves (ou trop théoriques). Ce genre de technique présentée ici a l’avantage de pouvoir être utilisé par tous les joueurs, débutants ou expérimentés. Les expérimentés ajouteront bien sûr leurs connaissances pour étoffer ce type de jeu. Mais l’important est de pouvoir s’exprimer librement. Si toutefois la pratique musicale vous semblait beaucoup trop difficile, essayez autre chose comme l’écriture. Moi-même je l’utilise, bien que le piano soit premier quand même chez moi pour ce type d’introspection !

IMPROVISATION DE BASE – QUELQUES ENTRAÎNEMENTS EN C

Dans la première page sur l’improvisation à utilisation personnelle (introspective), nous avons entamé la découverte de techniques utiles pour improviser même si on est débutant au piano. Nous poursuivons nos efforts dans ce sens avec cette fois un point de vue plus dirigé vers la main droite. Dans la vidéo ci-dessous, je vous fournis quelques entraînements utiles pour développer votre capacité d’improvisation. Je ne vous dis pas comment improviser (quels accords choisir ou quelle mélodie faire) mais je vous montre des ‘techniques’ afin de vous permettre 1) de mieux connaître votre clavier et 2) de vous habituer aux différentes orientations de la main (position changeante) avec des gammes données pour l’occasion. Voici donc la vidéo que je vous propose de regarder pour découvrir ces ‘techniques’ :

Voici un récapitulatif de progression comme cela a été montré dans la vidéo pour vous entraîner ensuite :

1) Choisir une grille d’accords (si vous ne savez pas comment, veuillez vous référer à la leçon 6 de ma méthode ou bien contentez-vous de reprendre celle de la vidéo : || C | G | Am | F ||)

2) Choisir un accompagnement main gauche (soit vous en connaissez, soit je vous invite à jeter un coup d’oeil aux leçons 3, 4 et 5 de ma méthode de piano) et maintenez-le pour les étapes 3), 4) et 5).

3) La main droite ajoute les accords en les plaquant sur le premier temps de chaque mesure effectuée

4) La main droite décortique les notes des accords (au lieu de les plaquer simplement) : c’est ce qu’on appelle faire des arpèges ; faites-le dans un ordre qui vous convient et ensuite, essayez dans des ordres différents et changeants (c’est-à-dire, ne restez pas sur les 4 accords avec le même arpège).

5) Jouez sur les intervalles des accords (par exemple, pour le C, faites des notes entre le do et le sol qui sont les 2 notes encadrant l’accord)

6) Faites des gammes pour chaque accord. A ce moment, vous pouvez soit décider de vous contenter de plaquer les accords à la main gauche pour vous concentrer sur la main droite, soit de maintenir l’accompagnement (pour cela, je vous donne des indices nécessaires à la réalisation d’un tel exercice dans la vidéo)

Répétez ces étapes l’une à la suite de l’autre en les faisant plusieurs fois chacune, et en changeant l’accompagnement main gauche si vous vous sentez suffisamment à l’aise (notamment sur les étapes 3) à 5)). Nous verrons dans une étape future, comment changer de tonalité (pour ne pas toujours rester en C).

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